SECRÉTAIRE INDÉPENDANTE

Secrétaire et pas une ride 😜

Histoire d’un métier évolutif et temporel

 

La tradition meurt si elle n’évolue pas avec son temps.

Et il semble bien que le métier de secrétaire ait su faire fi des rumeurs de son extinction en évoluant de concert avec la société. 

Mieux encore : il peaufine ses spécialisations et n’a de cesse d’augmenter son niveau d’expertise 👌

Découvrez avec moi l’histoire d’un métier qui a su traverser les siècles, et s’affirmer en tous temps.

 

📌 Du scribe au secretarum

De l’Antiquité au Moyen-Age

 

C’est au temps des pharaons 🐪 que le scribe ou sesh, haut fonctionnaire – parfois héréditaire - assiste le souverain. Du latin scribere, signifiant écrire, cet intendant est éduqué et lettré. Il maîtrise l’art de l’écriture. Mais pas seulement ; l’arithmétique fait également partie de ses compétences. Outre sa qualité d’écrivain public, le scribe intervient dans tous les domaines : économique, politique, religieux et militaire.

Son outil de travail ? 🎨 Une palette en bois ou en ivoire comportant deux cavités - l’une pour l’encre noire et l’autre pour l’encre rouge, des calames – c’est- à-dire des pinceaux, un godet d’eau placé dans une sacoche en cuir, du mortier et bien sûr du papyrus qu’il découpe à l’aide d’un couteau et lisse à l’aide d’un polissoire. Enfin, un sceau est apposé sur le document rédigé et cacheté.

Avant d’écrire, le scribe prie Thot, dieu de l’écriture, son patron.

 

Au Moyen-Age, ce sont les moines qui copient et recopient des documents et textes de loi, mais réalisent aussi les traductions : ces tâches sont exécutées par les moines du travail de secrétariat ou secretarum, seuls à parler les langues étrangères et jouissant, à ce titre, d’un grand prestige.

 

📌 Du secrétaire à la secrétaire

De la Renaissance à la révolution administrative

 

La Renaissance fut véritablement l’âge d’or du secrétaire Les hommes occupent toujours ce poste. Et tout comme leurs ancêtres, les scribes et secretarum, ils sont instruits et considérés par les citoyens.

C’est au service d’une seule personne, souvent élevée dans la classe sociale comme le roi lui-même, qu’ils exercent. Tenue des correspondances et gestion des activités : telles sont leurs principaux attributs. Louis XIV, notamment, eu recours aux services de ces assistants, à la fois discrets et de confiance.

Ces fonctions évoluant progressivement, le titre « secrétaire » s’accompagne au fur et à mesure d’un qualificatif lié à la spécialisation de la fonction occupée, comme celui de secrétaire financier.

 

Le secrétaire perd quelque peu de sa considération au cours du XVIIIème siècle. L’origine de ses pouvoirs est mise en doute, et la bureaucratisation exercée par les commis semble davantage valorisante.

Cette situation n’est d’ailleurs pas sans rappeler la lettre de Jacques PRUDHOMME au duc de CHOISEUL ✒ rappelant ses états de fait de secrétaire personnel au service de ce dernier, et réclamant le versement d’une pension à son départ, au même titre qu’un commis. CHOISEUL, surtout déçu que son secrétaire l’ait quitté, lui verse alors une pension. Celle-ci est cependant bien maigre au regard de la qualité du service rendu. C’est donc le roi qui lui octroiera, sur intervention à la fois de la veuve du duc, de son fils le duc de CHATELET et de DURIVAL, alors Directeur du bureau des pensions au ministère, une retraite pour les dix-neuf années de service auprès de son ancien maître. Mais elle correspond uniquement à la période durant laquelle CHOISEUL œuvrait pour le compte du roi 😉

 

Avec la révolution industrielle, c’est ensuite dans un bureau que les secrétaires exercent leur fonction. Ils deviennent alors employés de bureau 🗄

Toujours considérés dans la société, ils sont cependant moqués par Courteline qui dépeint, de façon satirique, la vie de bureau dans son ouvrage « Messieurs les ronds-de-cuir ». Balzac avait d’ailleurs déjà tourné en dérision la vie de bureau dans son livre « Employés ».

Toujours occupé par les hommes, l’emploi commence à se féminiser avec l’augmentation du travail d’écriture et de communication, et la diversification du métier. Il faut gonfler les effectifs.

Non sans provoquer la protestation des hommes, ces femmes, elles aussi dotées d’une solide instruction, s’imposent. La féminisation du secrétariat 👩 se confirmera plus tard avec la Première Guerre Mondiale, période pendant laquelle les femmes, sténodactylographes laissant courir leurs doigts sur leurs machines à écrire, prendront la relève pendant que les hommes seront au front.

 

📌 De la secrétaire à la collaboratrice
La révolution numérique

C’est dans les années 80 qu’émergent les nouvelles technologies, et notamment l’arrivée de l’ordinateur 🖥 qui semble, au prime abord, annoncer la mort du métier. Mais il n’en est rien ! Le gain de temps et de productivité procuré grâce à l’usage de l’informatique concourt en réalité à la revalorisation de la fonction. Les secrétaires n’ont pas dit leur dernier mot 🙋‍♀‍
Nous assistons en revanche à un « début de la fin » : celui d’une époque durant laquelle l’homme dictait et la femme écrivait. Le travail de frappe passant de 62% à 20% du temps, les secrétaires deviennent polyvalentes 🔝 L’on parle alors plutôt de secrétaires-assistantes.

Davantage de responsabilités sont donc confiées. De la gestion commerciale avec la création et la mise en forme des tableaux de bord, en passant par la communication via la maîtrise de la messagerie électronique, le suivi des dossiers, ou encore la gestion des ressources humaines, ... la secrétaire est désormais le véritable bras-droit du dirigeant ⭐⭐⭐
Aujourd’hui, les différentes spécialisations du métier justifient de plus en plus l’acquisition d’un certain niveau d’études : entre bac+2 et bac+5. Un BTS, une école spécialisée voire des études supérieures sont effectivement souvent nécessaires pour occuper certaines fonctions comme secrétaire médicale, secrétaire juridique, secrétaire en chef, assistante commerciale, attachée de direction, etc...

 

Désormais, les secrétaires, souvent appelées par leur prénom, et exerçant au sein d'une entreprise ou de façon indépendante, sont également qualifiées de collaboratrices

 

Rédigé par Aurélie DONZEL - Secrétaire indépendante